Baudouin IV de Jérusalem le Roi lépreux : PDF Imprimer Envoyer

Suffirait-il de rappeler qu'aujourd'hui en 1177,un jeune homme de 17 ans, roi de Jérusalem, dévoré par un mal incurable, la lèpre, tint tête à l'immense armée de Saladin venue en finir du royaume des Francs...Qu'il se tenait à cheval, malgré ses souffrances, en chevalier. Qu’aujourd'hui nous nous souvenons de lui et de ses preux. A Montgisard en Palestine, au nord-ouest de la ville sainte, une poignée d'hommes, quelques centaines, écrasèrent la plus formidable concentration de sarrasins.
« …le Dieu qui fait paraître sa force dans les faibles, écrit Michel le Syrien, inspira le roi infirme. Le reste de ses troupes se réunit autour de lui. Il descendit de sa monture, se prosterna la face contre terre devant la croix et pria avec des larmes. A cette vue le cœur de tous ses soldats fut ému. Ils étendirent tous la main sur la croix et jurèrent de ne jamais fuir… Ils remontèrent à cheval et s’avancèrent contre les Turcs qui se réjouissaient pensant avoir raison d’eux. En voyant les Turcs dont les forces étaient comme une mer, les Francs se donnèrent mutuellement la paix et se demandèrent les uns aux autres un mutuel pardon… »
Le chant des morts des templiers le "Dies Irae" résonne encore dans les plaines désertiques. Ce prince de la jeunesse en souffrance, un exemple de courage entraîna son ost vers la victoire. « Soudain se montrèrent les bataillons des Francs. Ils surgirent, agiles comme des loups, aboyant comme des chiens, et ils attaquèrent en masse, ardents comme la flamme… ». Dit Abou Shâma. On pourrait dire en guise d’épitaphe : « voyageur qui passe par là, écoute le bruit du vent, n’entends-tu pas le hennissement des chevaux, le bruit des lourdes épées franques fracassant l’adversaire tout aussi courageux, ne perçois tu pas les douleurs du corps en souffrance du jeune Baudouin IV de Jérusalem. Si tu regardes bien, il te semblera voir dans le lointain l’ost du roi chevauchant en traversant Ashdod, Ibelin, El Monghar et Niane…»
Ecoutons René Grousset, historien des Croisades :
« …stoïque et douloureuse figure, la plus noble peut être de l’histoire des Croisades, figure où l’héroïsme, sous les pustules et les écailles qui le couvrent, confine à la sainteté, pure effigie du roi français…»

 
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